Récits de vie et de voyage

Je vous rencontre, vous écoute attentivement, analyse votre demande et vos besoins. 

Je transcris vos paroles, sans vous trahir et réalise un écrit qui vous révèle.

A portée de mots, récit de vie et de voyage

Récits de vie

  • Vous souhaitez vous raconter et transmettre votre histoire à vos descendants…
  • Vous êtes à un tournant de votre existence et ressentez le besoin de faire une pause, un bilan, pour reprendre le contrôle de votre vie…
  • Vous avez vécu un traumatisme grave (deuil, choc, maladie) et souhaitez en faire le récit pour mieux tourner la page…
  • Vous avez accompli quelque chose d’exceptionnel, dont vous tirez une certaine fierté et que vous voulez partager…

A portée de mots, récit de vie et de voyage

Récits de voyage

  • Vous avez accompli un beau voyage

  • vécu une aventure originale

  • exploré le monde…

     

    Vous souhaitez relater votre expérience, décrire les paysages traversés, les peuples rencontrés, exprimer les émotions que vous avez ressenties…

A portée de mots, récit de vie et de voyage


Extrait de « Chemin de traverse », récit de voyage de Jean-Noël Guennan

Le lendemain soir, je suis plutôt bien décontracté et affiche une bonne forme. Laurence repart à Vannes et me dépose devant l’entrée du couvent de la Haye-aux-Bonshommes. 

Frère Channel m’accueille et m’invite, ou plutôt m’impose directement les vêpres du soir. Assis sur un banc, je me vois remettre un livre de psaumes entre les mains par mon protecteur, qui me désigne la page avec son doigt, pour que je suive de très près l’office. Il surveille même régulièrement pour contrôler si je suis bien à la bonne page. J’ai l’impression d’être un enfant de dix ans. (À ce moment-là, j’ai manqué de culot, car j’aurais dû prendre mes jambes à mon cou et mon sac et me barrer vite fait, car la suite fut pire.) 

À la fin des vêpres, où je me suis montré un chrétien discipliné, je pense naïvement que, comme chez tout hôte respectable, je vais me voir offrir le pot de bienvenue, l’apéro quoi, comme on dit chez nous ! Mais non ! Frère Channel ne me lâche pas. Je ne peux même pas parler aux autres frères ou visiter le couvent. 

Il me conduit dans un petit local exigu, juste meublé d’une table et de deux chaises, où nous devrions dîner, lui et moi, en tête à tête, comme deux bons amis. Mais non, on n’est pas de bons amis ! Pour lui, je suis juste une brebis perdue qu’il faut remettre dans le droit chemin. Mais moi, mon chemin, je sais où il va, et même s’il est parfois tortueux ou sinueux, je m’y retrouve.

 

Après le bénédicité, je subis un prêche d’un autre âge. À un moment, il se lève en dressant les bras au ciel dans une espèce de transe ; je commence alors à croire que je vais finir en enfer ou qu’il est temps que je renoue avec le bien, pour expier tous mes péchés.

 

À cet instant, c’est trop, stop ! on va revenir sur terre ! Je tape même sur la table. Le moine, pauvre diable, en transpire. Je lui demande ma chambre, refusant la prière du soir et le mettant en garde contre toute visite inopinée.

Je me barricade, puis ne passe pas une très bonne nuit.

Au matin, après un rapide petit-déjeuner au réfectoire, où je me trouve seul (ouf, personne en vue, sauve-qui-peut !), je m’éclipse.

(…)

 

C’est le jour des ennuis. Comme tous les médicaments qui présentent des effets secondaires, m’est avis que les petites graines que Jean m’a données contre le mal de dos en comportent aussi, lesquels se manifestent au niveau de mon … (un endroit que l’honnêteté et la décence m’interdisent de préciser davantage : c’est de Pierre Dac). Je souffre de démangeaisons et brûlures dont la localisation rend la marche pénible. 

 

Je prends donc conseil au village, auprès de deux jolies et gentilles pharmaciennes, Laurie et Laure, qui me gratifient d’une pommade miracle qui produit son effet en quelques heures. 

 

Encore troublé par ces désagréments, je me trompe de chemin et dois couper à travers champ pour retrouver ma route, sous le regard bienveillant de deux concitoyennes aux mamelles bien gonflées. Au milieu d’elles évolue un mâle protecteur, doté d’une masse musculaire dont j’imagine facilement le volume et la puissance, et avec qui je n’envisage pas une confrontation. Or, ce monsieur taureau semble considérer d’un très mauvais œil la traversée de sa propriété. Je décide donc - pour éviter une entrevue qui n’arrangerait sûrement pas mes ennuis fessiers - de prendre la poudre d’escampette et de bondir par-dessus les barbelés. Dans la précipitation, je casse mes lunettes, mais je suis sain et sauf. Mon parcours s’achève à Pradelles, par la N 88 où circulent des camions, mais pas de taureaux.



Mimile, autobiographie